Article parue suite aux émeutes à Evreux
Procès de douze jeunes de la Madeleine: l'école du crime comme seule perspective ?
Huit des douze jeunes ont été condamnés à des peines très lourdes de dix-huit mois à cinq ans de prison ferme. Un jugement qui cadre bien avec la politique répressive de Sarkozy.
Un jugement accueilli par les pleurs des familles. La défense, unanime, a réclamé la relaxe mettant sérieusement en doute l'unique témoignage à charge de la policière blessée.
Ces peines de prison lourdes n'empêcheront pas de nouvelles révoltes. A la Madeleine la situation empire pour la population et les jeunes: toujours plus d'exclusion, de relégation, de misère, voila le véritable terreau de la délinquance. Toujours moins de reconnaissance et de perspectives pour sortir de la galère. La solution ne réside pas dans la répression et la prison, qui comme chacun sait n'est que l'école du crime. Elle est dans la prévention par un vaste plan d'urgence pour l'égalité dans les cités: emploi, formation, scolarisation, prévention et lutte contre l'échec scolaire, renforcement des services publics et amélioration des conditions de logement.
"Significatif d'un procès où les charges reposaient essentiellement sur des témoignages dont on connaît la fragilité (à fortiori lors d'une scène d'émeute !), les avocats de la défense se sont rejoints pour réclamer la relaxe de leur client.
Tous les jeunes ont nié leur participation et même pour plusieurs d'entre-eux ont nié avoir été présents sur les lieux le soir des émeutes.
Les avocats se sont aussi rejoints pour mettre sérieusement en doute le témoignage de la policière municipale blessée.
Contrairement à sa collègue et aux policiers qui se sont déclarés incapables d'identifier qui que ce soit parmi la centaine d'émeutiers, la policière a conforté l'accusation en reconnaissant douze émeutiers. Son témoignage s'est révélé d'autant plus essentiel pour l'accusation qu'il confortait les témoignages recueillis sous X. Des témoignages qui n'ont précisément aucune valeur s'ils ne sont pas confirmés par d'autres sources..."
La suite du procès: huit mineurs qui risquent des peines de prison ferme. Le procès est reporté au 24 janvier.
En janvier va s'ouvrir la seconde partie du procès des "émeutiers "d'Evreux avec cette fois la comparution de huit mineurs devant le tribunal pour enfants. Agés de 16 et 17 ans, les mineurs. dont une jeune fille - encourent des peines de prison moitié moindres que les prévenus adultes si l'excuse de minorité est retenue en leur faveur. Sinon ce sera 5 ans!


